Débandade chez le M23 : Des congolais membres de cette rébellion refusent d’être des marche-pieds de leurs collègues rwandais et ougandais.
Un groupe des combattants congolais membres du M23 se disent fatigués d’être considérés comme des marche-pieds de leurs collègues rwandais et ougandais.
Accusée par les autorités congolaises d’être soutenue par l’armée rwandaise alors qu’elle livre des combats implacables contre l’armée congolaise dans la province du Nord-Kivu, la rébellion M23 semble désormais avoir deux écuries en son sein, composées notamment des congolais et des ougandais en coalition avec les rwandais.
Au sein de la rébellion, il y a désormais un groupe des combattants rénovés, réunis au sein du « M23 rénové » dont les acteurs sont les congolais d’origine, comme l’on peut comprendre d’un communiqué publié ce jeudi 22 février à travers les réseaux sociaux.
Selon la source, ces congolais appartenant au mouvement rebelle M23 seraient fatigués d’être des marche-pieds de leurs collègues rwandais et ougandais qui, depuis les offensives bénéficient eux mêmes des avantages et des butins de guerre sans parler des financements qui viennent du Rwanda et de l’Ouganda.
« Le mauvais traitement que subissent les congolais membres du Mouvement du 23 Mars et beaucoup d’autres abus. Les tueries des civils à grande échelle, des destructions, des villages, des pillages et des arrestations arbitraires de nos concitoyens par nos camarades venus du Rwanda et de l’Ouganda.
« Notre indignation c’est aussi le fait que sur la ligne de front, la première alors, sont nos enfants congolais que le commandement met en avant pour les faires abattre comme des insectes. L’injustice et le partage inéquitable des recettes obtenues dans les taxes de Mushaki, Kilorirwe, Kitchanga, Mweso, Tongo, kibumba, kalengera, kiwanja et Bunagana », a déploré le M23 rénové dans le communiqué.

Dans le même communiqué, ces combattants congolais du M23 ont dénoncé le fait que des soldats rwandais et ougandais bénéficient d’un traitement spécial qu’eux.
Sans oublier la non implication des membres du Mouvement d’origine Congolaise dans la prise des décisions », ajoute-il.
« Tenant compte de ces faits, nous nous sommes réunis dans un hôtel de Rutshuru le mercredi 21 février 2024 à 18h00 et avons décidé de prendre des mesures contraignantes contre les mauvais traitements dont nous sommes victimes », a expliqué le communiqué.
Et de poursuivre :
« En vue de sauver la situation et préserver la paix à l’Est de la RDC, avons décidé de porter la voix des congolais sans effusions du sangs. Ainsi, avons créé le Mouvement du 23 Mars, M23 Rénové », peut-on dire de ce communiqué.
Depuis 2021, les rebelles M23 occupent des localités du Nord-Kivu après qu’ils ont repris les armes après de nombreuses années d’inactivité dans la région.
La situation a occasionné de centaines de victimes civiles, en plus d’une catastrophe humanitaire et des déplacements en masse des populations.
Cette scission potentielle au sein du Mouvement du 23 Mars (M23) pourrait avoir des conséquences importantes sur sa capacité à mener des combats contre l’armée congolaise et à atteindre ses objectifs notamment militaires.
Cette révélation pourrait avoir des répercussions dans le conflit entre Kigali et Kinshasa si réellement ces combattants décident de quitter officiellement le rang du mouvement du 23 Mars.
Derick Ntumba