14 mai 2026

Élections 2023 : Corneille Nangaa en guerre contre des dépenses électorales explosives à la CENI

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Corneille Nangaa relance le débat électoral avec des révélations rigoureuses et chiffrées. Plus d’un milliard de dollars américains décaissé et dépensé.

À cette allure, craint-il, le cycle électoral en cours pourrait exploser budgétairement à hauteur 1,5 milliards.

L’ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante révèle qu’alors que 75% des équipements (Machines à voter) acquis par l’administration électorale précédente sont rationnellement opérationnels, « l’on évalue précisément à plus d’un (1) milliard de dollars officiellement déjà décaissé par le Trésor en faveur de la CENI, soit 500 millions par année pour un processus électoral de deux ans », affirme-t-il.

Entre-temps, constate-t-il, la CENI réclame encore un gap financier estimé entre 300 et 460 millions de dollars américains sans explication. Pour Nangaa, il s’agit d’une « rapine électorale aux anfractuosités opérationnelles béantes qui, grosso modo, pourrait avoisinement coûter à la République la bagatelle de 1,5 milliards ».

Le prédécesseur de Denis Kadima doute que les 15 membres de la plénière de la Commission Électorale Nationale Indépendante aient été informés des opérations financières ayant abouti à des décaissements aussi spectaculaires.

« Dieu seul sait si tous les membres de la Plénière de la CENI en maîtrisent équitablement les contours documentés », s’interroge le président de l’Action pour la Dignité du Congo et de son Peuple (ADCP).

Des raisons qui expliquent, selon lui, le caractère brouillardeux de la gestion de la CENI où tout audit indépendant est sévèrement banni aussi bien sur le fichier électoral que sur les finances et l’administration.

– Un milliard pour de faibles résultats –

En sa triple qualité d’expert électoral, d’acteur politique et d’opérateur économique, Nangaa rafraîchit la mémoire collective en rappelant que « le premier cycle électoral (2004-2006) a coûté 564 millions de dollars américains en 3 ans.

Le deuxième cycle (2007-2011) a été plafonné autour de 770 millions Usd en cinq ans alors que le 3ème cycle (2012-2019) aura coûté un (1) milliard pour 8 ans. Le 4ème cycle en cours a déjà absorbé plus d’un (1) milliard de dollars américains en seulement 2 ans alors que 460 millions sont programmés pour liquidation », a-t-il souligné.

D’où son questionnement, plus d’un (1) milliard de dollars américains pour quels résultats ? Corneille Nangaa Yobeluo qui connaît les élections comme son portefeuille, précise que les résultats n’ont pas suivi.

L’équipe Kadima évolue dans la contre-performance : « une cartographie électorale adultérée ; un fichier électoral déliquescent et aux statistiques fausses ; une base des données audiblement trafiquée et tête-bêche avec un nombre sans précédent d’electeurs “omis et doublons” et surtout, des cartes d’électeurs aux écrits détectables uniquement au contact d’un feu de brousse », déplore l’opposant non sans rappeler que les données de 3/4 de cartes octroyées aux électeurs inscrits, ne sont plus lisibles et s’effacent notoirement.

Nangaa affirme que des fonds décaissés sont grevés du ministère des Finances, en passant par la Banque Centrale, ensuite par un réseau de carnassiers proches du chef de l’Etat avant qu’une licheke ne tombe dans les caisses de la CENI. « Une mafia tribale dont les entourloupettes servent à financer la campagne électorale de Félix Tshisekedi », dénonce-t-il.

D’ailleurs, écrit-il dans sa tribune, l’obstination à mentir et à pousser faussement vers des élections imaginairement immatérielles, ne vise qu’à obtenir le dernier décaissement du butin. Le leader de l’ADCP soutient que prétendre faussement que les élections devront se tenir le 20 décembre, reste le seul levier de pression sur Nicolas Kazadi pour ce décaissement en urgence.

Entre-temps, l’ancien président de la Centrale Électorale Congolaise parle d’un mensonge du 20 décembre qui ne passe plus auprès des experts. Pour lui, « les élections n’auront pas lieu à la date indiquée ».

Même si dans ses exténuations, la CENI développe des consomptions logistiques techniquement irrémédiables : approvisionnement en équipements, en quincaillerie électorale et surtout en documents électoraux, explique-t-il. L’exilé politique reste catégorique.

“ Pas des élections le 20 décembre 2023 ”.

Derick Ntumba


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