14 mai 2026

Sud-Kivu : la Regideso presque inexistante, la population peine pour l’accès à l’eau

Sud-Kivu : la Regideso presque inexistante, la population peine pour l’accès à l’eau

Des personnes parcourent des kilomètres pour se rassembler autour d’un puits à Nguba, un quartier en ultime souffrance en pénurie d’eau dans la vile de Bukavu.

 

Pour aller chercher de l’eau, Sylvie Mubonde, mère de quatre enfants, résidant dans un quartier périphérique de Bukavu emprunte un sentier sinueux et escarpé jusqu’en haut d’un ravin.

 

Là, elle remplit au robinet son bidon de 20 litres, paie 400 francs congolais (0,08dollar) et rapporte à la maison le précieux chargement.

 

La quête de l’eau est un fardeau quotidien pour les habitants de Nguba également, l’un des plusieurs quartiers en souffrance de la ville de Bukavu.

 

Eliane polo pôle, ancienne journaliste, résidant sur avenue Évariste Baganda, derrière Super paix, fustige le fait de totaliser trois mois sans qu’une gouttelette d’eau ne coule dans le robinet. Se dégoûtant du leadership de la Regideso, elle clarifie que les rapports de cette souffrance en pénurie d’eau sont soumis à l’antenne de cette Régie de distribution d’eau à Nguba. 

 

L’eau, une denrée rare

 

Le problème est devenu général. Dans les quartiers  tout proche du centre ville comme dans les périphéries, vastes étendus urbains presque totalement coupés des services publics et ressemblant à des villages peuplés pourtant des endroits luxueux, la population continue de souffrir.

 

« Il y a des puits, mais à boire, c’est très difficile » explique Pierre Nyubi, 56 ans, qui s’est installé à Muhungu, la voix,  il y a plus de dix ans et vit au fond d’un ravin. « C’est de l’eau sale. Il y a des amibes », dit-il.

 

Selon un expert en la matière, les pénuries d’eau sont dues à la croissance rapide de la population et à l’incapacité des dirigeants de ce service public de suivre en s’adaptant au rythme. Et la situation semble s’aggraver.

 

De l’eau colorée.

 

Depuis plusieurs mois, l’eau ne coule pas dans plusieurs robinets de la place. À certains endroits, elle coule, mais avec une couleur sale, qui peut présenter un risque pour la santé humaine. Pourtant l’eau est de nature incolore.

 

Typhoïde

 

« C’est très frustrant… », lâche Aline Mudosa, 63 ans, une habitante de l’avenue Pesage. Le puit privé près de sa maison pompe l’eau à seulement un mètre de profondeur. Selon lui, elle n’est pas potable.

 

Alphonse parcourt jusqu’à 3 km pour aller chercher de l’eau potable , mais même là, dit-il, on risque d’attraper la typhoïde.

 

Pour tenter de résoudre les problèmes, les autorités provinciales n’ont jamais cessé de promettre un changement positif, mais jusque là, rien ne va.

 

Glissements de terrain et construction à des sites jugés impropres.

 

La construction effrénée et les glissements de terrain dus à l’érosion ont endommagé le réseau, explique un acteur de la société civile.

 

De l’autre côté un observateur lâche ces mots : « La population est abandonnée à son triste sort », les gens sont « obligés de marcher sur des kilomètres pour aller chercher de l’eau », déplore Mugisho Ernst, constatant que « ce sont surtout les femmes et les enfants qui en souffrent ».

 

Laurent K. 


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