11 mai 2026

Politique : le CNSA doit-il exister après les élections générales au pays ?

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1,6 millions dollars accordés au CNSA de Joseph Olenghankoy.

De tous les animateurs des institutions publiques, seul Joseph Olenghankoy a remporté…son maintien à la tête d’une institution anachronique, futile pour ne pas dire inutile, le Conseil National de Suivi de l’Accord de la saint Sylvestre.

Voilà deux ans jour pour jour que Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, député et leader d’Envol, a démontré noir sur blanc que le CNSA était désuet et trop mûr pour une auto-dissolution… sans succès.

Dans le budget 2022, la structure présidée par le leader des FONUS, est créditée d’une bourse de 4 693 026 214 CDF (2,2 millions de $US au taux budgétaire). En 2023 courant, “l’enfant terrible de l’opposition” comme il aime toujours se faire appeler ou encore “Soso ya mboka”, a eu droit à 3 840 096 975 FC, environ 2 millions de dollars., et pour 2024, le CNSA est encore crédité de plus de 1,6 million de dollars.

De cette somme, pratiquement 55% sont exclusivement affectés au bureau du CNSA, le reste pour la rémunération de 28 membres de la plénière.

On ne sait pas trop sur quelle base se fonde cette répartition. En 2020, une bonne frange de délégués avait désapprouvé la gestion financière du président Olenghankoy.

D’aucuns auront même préféré la dissolution à court terme du CNSA.

Ce fut sans compter avec la capacité de Joseph Olenghankoy de s’allier à la foultitude de soldats numériques  prêts à tout jusqu’à inonder de pamphlets sur les réseaux sociaux contre «des délégués des partis politiques ayant lamentablement échoué aux dernières élections et qui sont revenus au CNSA avec l’intention de le saborder». Ces  délégués tenaient pourtant à avoir accès à la comptabilité du CNSA et à être rémunérés au prorata du budget du Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint Sylvestre, mais la loi organique du CNSA rendue publique à 38 jours de la tenue des élections du 28 décembre 2018, a quasiment doté son président des pleins pouvoirs si bien que toute initiative de contrôle de sa gestion n’est guère recevable ni fondée sauf s’il s’agit d’une fronde.

Selon la loi organique créant le CNSA, le président «coordonne l’ensemble des activités du CNSA. Il maintient l’ordre au sein du CNSA, dans le cas échéant, il requiert les forces de l’ordre.

Il entre en contact avec les médias et tient des points de presse ; il assure la mission générale de direction et de représentation. Il dirige l’institution, la représente et l’engage vis-à-vis des tiers et des autres institutions ; “ il représente le CNSA en justice tant en demande qu’en défense ”.

Par lui-même ou par délégation, il convoque et préside les réunions du bureau et les séances de l’Assemblée Plénière, supervise les commissions de travail et les commissions ad hoc.

Il propose à la plénière la mise en place des commissions d’enquêtes… . Il porte à la connaissance des autres membres du Bureau toute communication les concernant.

Il ordonne les dépenses dans les conditions déterminées par la loi sur les finances publiques et les règles générales de la comptabilité publique… Bref, Joseph Olenghankoy Mukundji c’est lui et personne d’autre.

Au CNSA, on tue le temps, on taille une bavette, on est sur les réseaux sociaux… Les rares actions réalisées par Joseph Olenghankoy Mukundji est d’avoir obtenu la levée des scellés du fisc à la porte de Kin-bouffe, un restaurant appartenant à Martin Fayulu Madidi ou encore des consultations sans lendemain pour la cohésion nationale.

Olenghankoy manque tellement à faire qu’il s’est par moment improvisé dans l’arbitrage des conflits parcellaires. La loi organique sur le CNSA stipule que « le Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint Sylvestre est dissous de plein droit à la fin du processus électoral ».

Longtemps, Olenghankoy a soutenu que tant qu’il n’y aura pas des élections locales, le CNSA survivra. En clair, Olenghankoy devrait normalement perdre son job et son CNSA caviardé du budget à la saint sylvestre 2023.

Hélas, coulage dans les dépenses, Olenghankoy est gratifié de son “million” pour l’année prochaine.

À la question de savoir si le CNSA existera-til après les élections de décembre prochain ? Wait and see disent les anglais.

Derick Ntumba


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