SRI LANKA : Le nouveau président Anura Kumara Dissanayaka a pris ses fonctions
Le nouveau président Anura Kumara Dissanayaka a pris ses fonctions, ce lundi 23 septembre à Colombo en tant que 10e président du Sri Lanka.
Âgé de 55 ans, il s’est présenté aux élections de samedi en tant que chef de la coalition nationale pour le pouvoir du peuple, de tendance gauche marxiste. (néo-marxiste comme le décrivent des analystes)
AKD comme l’appellent ses partisans a recueilli un peu plus de 42% des voix et a battu 37 autres candidats, dont son principal opposant, Sajith Premadasa (32,6% des voix) et l’actuel président sortant, Ranil Wickremesinghe (17,27%) qui avait pris la succession du président démissionnaire, Gotabaya Rajapaksa.
Le mode de scrutin était à un tour unique. 79% des Sri lankais sur les 17 millions et demi d’électeurs, se sont déplacés (une baisse de 4 points par rapport à 2019)
« Je ferai de mon mieux pour préserver la démocratie et œuvrer au rétablissement de l’honneur des hommes politiques. Je ne suis pas un magicien mais un citoyen ordinaire né dans ce pays. Ma première tâche est d’utiliser tous les talents pour prendre de bonnes décisions. Je promets d’inaugurer une ère de renaissance pour ce pays. » déclare le nouveau Président AKD.
Le nouveau président s’est aussi engagé à baisser les taxes sur les produits de première nécessité, qui pèsent sur la population et nourrissent sa colère.
Il prend les rênes d’un pays dont l’économie a repris des couleurs mais reste encore très fragile.
« Pour Dissanayaka qui a promis une nouvelle ère, d’assurer la stabilité et de favoriser le changement, les attentes seront grandes », a averti Farwa Aamer, du centre de réflexion Asia Society.
La bourse de Colombo a ouvert lundi ses premières transactions sur une note inquiète mais a rapidement rebondi pour terminer la séance sur une hausse de près de 1,5 %.
Le Sri Lanka a connu en 2022 la pire crise économique de son histoire. Elle a précipité la chute du président Gotabaya Rajapaksa, chassé de son palais par des manifestants en colère contre l’inflation et les pénuries.
« Avec les autres nations »
Élu par le Parlement dans la foulée, Ranil Wickremesinghe a mené en échange de l’aide du FMI une politique de hausses d’impôts et de coupes des subventions publiques. Il briguait un deuxième mandat pour poursuivre le redressement à marche forcée de l’île, qui a pesé lourdement sur une bonne partie des 22 millions d’habitants.
« L’histoire jugera mes efforts mais je peux dire avec confiance que j’ai fait de mon mieux pour stabiliser le pays pendant un de ses moments les plus sombres », a-t-il estimé dimanche soir en concédant sa défaite.
Devant le parterre de diplomates invités à son investiture, M. Dissanayaka a assuré à ceux qui le soupçonnaient de privilégier la Chine à l’Inde, les deux grands rivaux de la région, qu’il coopérerait avec tous.
« Nous avons l’intention de travailler au bénéfice de notre pays avec les autres nations, quels que soient les désaccords entre puissances de la planète », a-t-il déclaré.
À Pékin, le président Xi Jinping a souligné la « grande importance » qu’il attache « au développement des relations » avec le Sri Lanka, selon des propos rapportés par la télévision d’État chinoise CCTV peu après l’investiture du nouveau président sri-lankais. La Chine est l’un des principaux créanciers du Sri Lanka, pays insulaire culturellement proche de l’Inde.
Des élections législatives sont prévues l’année prochaine.
JM
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